Dominique Naert - Nous n'avons pas la capacité de changer le monde, mais celle de changer notre propre vision du monde…/… We can't change the world, but we can change our view of it.
 
juin
28

Engagements de la COP 21: 2 millions d’emplois sinon du vent

Ecrit par Dominique

C’est avec une grande satisfaction que nous avons accueilli la bonne nouvelle concernant la COP21. Un accord et des décisions qui engagent la quasi totalité des nations de notre planète. Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir vu notre pays être le témoin privilégié de cette réunion mondiale.

La France a été particulièrement active dans ce succès. Elle peut en être fière; d’ailleurs, fort de cette réussite, le Président de la République a engagé notre pays dans une démarche encore plus ambitieuse et exemplaire; il a la volonté d’avancer nos engagements au plus tôt.

Car, en définitive, en ce qui concerne la France, rien n’a vraiment changé, elle s’était déjà engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour autant, c’est vrai, la stratégie pour y arriver, la capacité d’investissement qui s’y attache, les réformes structurelles de l’éducation, de la formation initiale, de la formation continue ne sont pas réunies, loin s’en faut. Par ailleurs les intérêts particuliers des structures et entreprises privées voire publiques, les organes associatifs, les organisations syndicales sont loin d’avoir engagé un début de réforme qui pourrait aller dans le sens de l’histoire.

En fait, si ! la France a déjà bien avancé. Les mentalités ont changé, des décisions ont permis de faire évoluer les industries, la construction, les processus. L’arrivée des TIC ont aussi fait faire un grand pas dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et nous n’en sommes qu’au début.

Mais pour être ambitieux et pour tout dire, atteindre les objectifs de la COP 21 d’ici 2050 et malheureusement pas avant, il faut s’attaquer, non seulement au  » soft » mais aussi à ce qu’il y a de plus « hard » dans notre pays à savoir la rénovation de notre patrimoine bâti que le monde entier nous envie.

En effet, 4 milliards de m2 de logements sont à rénover qui représentent 44% des GES de l’écosystème français.

L’objectif de la COP 21 n’est pas atteignable sans relever ce défi. Un défi, en effet, parce que plus que de moyens économiques qui existent, il manque et va manquer des artisans, des maçons, des couvreurs, des façadiers, etc… Il va manquer des cols bleus, des apprentis et des ouvriers qualifiés pour répondre aux exigences qu’implique la performance énergétique d’un bâtiment quelqu’il soit. L’industrialisation répond et répondra plus encore à la construction neuve; pas vraiment à la rénovation.

Si donc nous voulons répondre à nos engagement de la COP21, il faut lancer un plan Marshall de l’éducation, de la formation initiale, de l’apprentissage et de la formation continue.

Parce qu’il faut multiplier par 2,5 le nombre de cols bleus sur les chantiers, et que le « papy boom » va en mettre 426 000 en retraite d’ici 2022 et qu’en face l’apprentissage en accueille 60 000 jeunes en diminution constante. Il faut donc changer les mentalités de l’EN et des familles, travailler sur les équipements de protection individuelle et les équipements de chantier, copier d’autres systèmes de formation qui fonctionnent ( suisses, allemands)… Imposer la formation systématique au BIM, adapter la pédagogie. Tout ce qui est nécessaire pour attirer la Génération Y et Z qui se détournent des métiers manuels.

Il faut aussi adapter les ouvriers de l’industrie qui subissent aujourd’hui les affres de la robotisation et de la délocalisation. En premier lieu, les ouvriers de l’automobile, mais pas seulement. L’industrie 4.0 va encore décider du sort de nombreux de nos concitoyens. Un transfert salarial intéressant pour tout le monde. Plus encore, nombre de statuts salariaux, jusqu’ici, relativement épargnés vont aussi vivre des bouleversements comme les métiers d’ingénieurs, d’architectes, de banquiers, qui seront délocalisés via les réseaux ( on interrogera et on suivra les consignes d’un bureau d’étude, d’un architecte, d’un concepteur, d’un cadre à l’autre bout de la planète sans jamais avoir été en contact physique).

L’objectif de l’état quant au plan qu’il a défini comme « la nouvelle France industrielle » est de créer 480 000 emplois en 10 ans.

Or, pour rappel, le bâtiment, c’est 482 000 artisans et 1 million de salariés, dont la moitié sont des travailleurs immigrés (200 000), des travailleurs détachés ( 120 000) et intérimaires ( 109 000) qui nécessitent des formations qui n’existent pas aujourd’hui. Multiplier par 2,5 le nombre de cols bleus sur les chantiers pendant, au moins 35 ans et nécessairement plus puisqu’on rénove son logement plus d’une fois en 35 ans, porterait une croissance à la hauteur de la nécessité économique et sociale de notre pays. La perspective réelle de 2 millions d’emplois s’ouvre devant nous… À moins que nous acceptions une délocalisation accrue à l’envers à laquelle il faudra additionner un système de formation adaptée.

Mais pour ça, il faut de la « vista » des politiques, bien entendu, mais aussi de tous les corps organiques de l’état, des entrepreneurs, des industriels de la construction, des organisations…

En fait, ne faudrait-il pas organiser une COP 21 de la construction et espérer qu’il faudrait moins de temps pour nous mettre en ordre de marche que pour 185 pays…

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