Dominique Naert - Nous n'avons pas la capacité de changer le monde, mais celle de changer notre propre vision du monde…/… We can't change the world, but we can change our view of it.
 
juil
25

La reconnaissance des Compagnons Boulangers.

Ecrit par Dominique

La reconnaissance des Compagnons Boulangers.

Bien sûr, il existait un compagnonnage de Boulangers avant 1811 et l’Ordonnance du lieutenant Général de Troyes, le 22 août 1780, statuant sur la « discipline des Compagnons Boulangers » l’atteste si nécessaire. L’histoire de la reconnaissance des Compagnons Boulangers était cocasse ; Peu d’années après l’initiation clandestine des cordonniers, les boulangers étaient mis, par un autre traître, Bavarois Beau Désir, au courant des rites cachés des compagnons dôleurs. Bavarois raconte lui-même les faits dans deux déclarations rapportées par Martin St Léon.

« Ce jourd’hui 29 septembre 1811, étant rouleur à Beaune -jouissant de toutes mes facultés- je déclare que le 26 juillet dernier, étant à Nevers, j’ai reçu et donné le secret du compagnonnage des doleurs à deux boulangers : le premier que j’ai nommé Nivernais Frappe d’abord, et le second que j’ai nommé Montbard l’Inviolable. Cet acte de bienveillance de ma part n’a été qu’en récompense des bienfaits que j’ai reçus d’eux dans la ville de Nevers pendant une maladie que j’ai faite, qui a duré six mois, pendant lequel temps je n’ai reçu aucun secours de mes frères les compagnons doleurs. Je déclare qu’aussitôt l’affaire faite, j’ai fait partir mes deux enfants pour Orléans où je devais aller les rejoindre sous peu de temps, et moi je suis parti pour Beaune ». « Dans cette ville Bavarois prend copie des archives afin de mieux se documenter ».

Une déclaration annexe du 16 février 1812 nous révèle la fin de l’histoire : Bavarois raconte que, parti de Beaune le 22 octobre 1811, il rejoignit ses « enfants« , les boulangers à Blois. Ces derniers ne craignirent pas de se rendre chez la Mère des compagnons dôleurs en prenant cette dernière qualité et en donnant le mot de passe qu’ils avaient appris. La séance ouverte, les prétendus dôleurs se lèvent et se déclarent compagnons boulangers. « Cette déclaration, dit Bavarois », fit un mouvement terrible parmi nous. Il y en avait qui voulaient les assassiner… » Les boulangers purent cependant se retirer, mais de ce jour commença entre eux et tous les autres corps, une lutte qui dura quarante ans. Quant à Bavarois, il s’embarqua pour l’Amérique le 17 février 1812, c’est à dire le lendemain même du jour dont est daté le second aveu de sa trahison. Pour illustrer ce propos, le 15 septembre 1850 une bagarre éclata entre les Compagnons Boulangers et les Charpentiers (ils étaient 16 prévenus au procès) « faisant couler le sang, que la porte, les fenêtres et les vitres furent brisées, ainsi qu’un grand nombre d’objets mobilier ». La bagarre eut lieu à l’intérieur et à l’extérieur de la maison d’un dénommé Lenotte, marchand de vin rue du Domino (actuelle rue Paillot de Montabert ) « Maison connue sous le nom de la Mère des Boulangers » (Journal de l’Aube, le 10 octobre 1850). Moreau (De la réforme des Abus du Compagnonnage) signale le même sujet d’échauffourée à Agen en1834 : 7 charpentiers et 1 tanneur sont tués par des Boulangers à qui l’on voulait interdire le port des insignes compagnonniques.

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